jeudi 25 octobre 2012

Self-portrait 2



L'une des choses qui me mettent sans cesse dans l’embarra, quand je daigne sortir de ma caverne pour rencontrer des vrais gens, c'est l'éternelle question anodine de l'inconnu, qui, innocemment, entre deux verres, te demande "mais, et tu fais quoi dans la vie, au fait ?"
Je n'aborde personnellement pas la question d'un point de vue professionnel, car mon travail n'est qu’alimentaire ; et lorsque j'essaye de répondre à l'honnête homme, une bulle se forme dans ma gorge, et un silence gêné fait son apparition.
Car diable, diantre, mordecouille, que répondre ?
Afin de comprendre, imaginez bien ceci : selon l'époque de l'année, de l'organisation des planètes dans le ciel ou bien de la dernière chanson à la mode, je serais occupé à écrire une pièce de théâtre, essayer péniblement de terminer un roman, monter un robot en plastique, programmer, m'interroger sur des problèmes de physique relativiste, jouer au jeux vidéo 10 heures par jour (par ailleurs, gros big up pour Borderland 2), faire une série de toiles, m'essayer à la bande dessinée, traduire des textes foireux en anglais, ou m'essayer à l'essai métaphysique, voir même jouer de la flûte.
Sans fausse modestie, je viens juste de vous citer là mes passions faites et pratiquées aux cours des six derniers mois.
Donc en général, j'essaye de sélectionner deux-trois activités, ayant vaguement peur que l'interlocuteur (encore un inconnu, rappelez-vous) s'endorme en cours de route, si me venait l'idée de faire là une liste exhaustive.
Pour l'instant, j'ai trouvé que deux mot pouvant décrire mes activités, aussi nombreuses soit-elles : artiste, ou fanatique instable.
La seconde dénomination étant, selon le dictionnaire, plutôt rattachée à une idéologie (chose auquel, ah ah, je ne suis guère familier), seul reste la première, qui a le don de m’horripiler.
Car l'Artiste, avec un grand "A" comme "Pédant", m'évoque invariablement la même image, celle du cinquantenaire, homme ou femme, qui, ayant réussit une brillante carrière dans l'immobilier, aime à se faire mousser dans les soirées en évoquant sa fibre artistique, voulant faire allusion au deux-trois aquarelles merdique qu'il fait le dimanche, et qu'il va se hâter de montrer à ses amis lors de barbequiou dominicaux (car l'honnête homme arrive à peindre le matin, PUIS à organiser un barbecue l'après midi).
Donc je n'aime pas trop me qualifier d'artiste, voyez.
Sans compter les "ah, les artistes ..." avec regard perdu dans le vague et sourire béa/crétin au lèvres qui invariablement apparaît chez les interlocuteurs, à moins bien sûr qu'il ne fasse aussi parti de cette sombre engeance.
En quel cas, c'est quatre heures de souffrances qui vous attendent, vu qu'évidemment, lui n'est pas du tout effrayé à l'idée de se qualifier ainsi, et va vous le prouver en vous racontant ô combien son travail contient une certaine approche Nietzschienne.
Et pourtant, je dois l'admettre, je partage ce trait de caractère qui se retrouve chez, disons, 80% des artistes, à savoir : le culte du grand Moi !
J'aime parler de moi.
La preuve.
A vrai dire, c'est dans un sens ce besoin d'évoquer des problématiques personnelles qui m'a conduit vers ce dangereux boyau sinistre qu'est le monde de l'art.
Car c'est enfermant.
On y tourne et retourne son "soi", on tente de libérer le "ça", on assomme le "sur-moi", bref on consomme souvent de l'aspirine, tant on est capable, nous, la triste fanfare des artistes, de se casser le cul pendant trois plombe sur une intention derrière trois coups de pinceaux ou une simple phrase.
Attention, là, bien sûr, je parle des artistes qui n'ont pas eu la présence d'esprit de faire ça pour le pognon.
Et s'écrire, se peindre, à travers toute une myriade de sujets divers n'est pas simple, et rares sont les moments où, du moins pour ma part, il y a moyen de sortir de ce triste cercle vicieux de l'auto-représentation.
Tout ça pour dire que je trouvais que ça commençais un peu à tourner en rond sur ce blog.
Je vais donc tenter de varier un peu plus, notamment avec la série "Chevals".
Un peu plus d'humour noir/absurde fera donc son apparition, et un peu moins de fresques sordides casi premier degré.
Et juste pour dire, le projet "Je" est de côté pour le moment. Voir mort. Je sais pas trop.



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For english readers :
The entire text above is talking about how it's very hard to speak with strangers in pubs, and the drastics problems of the artistic society, and shit. 
Especially shit.
Oh, and for the next 157 years, I will be more involved in bad-drawn comics and tumor jokes.
Yes, you should have been more attentive in french's class.
Have a nice day, and here is a potato.


Premier épisode de "Chevals" !

Alors, au départ, je commence cette série pour me foutre de la gueule des gens qui savent pas dessiner (et oui, secrètement, je vous hais), suite à de nombreuses parties de DrawSomething(registred trademark) à se fendre la poire sur le dos d'inconnus tentant de faire deviner le mot "hélicoptère".
Mais tout porte à croire, au vue de la qualité de ce premier épisode, que cette série (de ce que j'appellerais un "roman graphique en trois cases") devienne par la suite une profonde creusée dans l'univers de la métaphysique.
Bisous.